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Vol de moteurs HB suite...

Par rapport à 2011, le bilan de l'année 2012 ne presente guere a amelioration. La vague de vols de moteurs hors bord perdure, principalement dans les grosses puissances (5o à 15o CV) de marques japonaises : Honda, Suzuki, Yamaha. Nous l'avions déjà constaté : les vols sont commis à terre, sur des chantiers nautiques, directement chez les particuliers ou même sur bateau au mouillage. Ces délits sont commis par des bandes d'individus très organisés, souvent originaires, semble-t-il, des pays d'Europe de l'Est (constat police). Après repérage des lieux en plein jour, ils reviennent de nuit avec un moyen de transport adapté : camion ou fourgonnette, s'introduisent dans les lieux par découpe de clôture et s'attaquent aux moteurs. Cette opération se fait très rapidement malgré le poids élevé de la marchandise. Pour mémoire, le poids moyen d'un moteur HB de 9o CV est de l'ordre de i8o à 190 kg. Fin 2012, les malfrats élaborent une technique encore plus efficace et moins risquée : s'attaquer à des bateaux au mouillage. Pour ce faire, ils coupent les amarres et profitent de la marée montante, de nuit, pour amener les bateaux en haut de l'estran. Après quoi il ne leur reste plus qu'à les délester de leur moteur avec les outils habituels des autres vols.
Nul n'est à l'abri d'un tel préjudice et s'il vous arrive, par malchance, d'en être la victime, voici un petit rappel de la démarche à suivre :

1) faire des photos des dégradations qu'a subi votre bateau et établir un inventaire exhaustif des dommages ;
2) immédiatement après, faites une déclaration de vol à la gendarmerie la plus proche. Les gendarmes viendront constater et, selon le cas, procéderont à des relevés d'indices sur place (empreintes) ;
3) une fois le procès-verbal établi, en faire une photocopie que vous conserverez précieusement. Puis, avec l'original du P.V. de gendarmerie, allez déclarer votre sinistre à votre compagnie d'assurance ;
4) la compagnie d'assurance va déléguer un expert maritime qui viendra constater les dégradations sur votre bateau afin d'établir un rapport d'expertise et enclencher la procédure d'indemnisation.

N.B. : suivant l'année de construction de votre bateau, et de son moteur, l'expert va estimer une valeur globale des dommages, après avoir appliqué un abattement pour vétusté, mais en tenant compte des travaux de remise en état des liaisons moteur et du coût de la main d'oeuvre.

Afin de ne pas avoir de mauvaise surprise, nous vous conseillons de bien lire votre contrat d'assurance :
•    les clauses peuvent changer d'une agence à l'autre. Par exemple, il peut être fait mention de l'obligation pour votre moteur d'être fixé à l'aide d'un écrou antivol ;
•    par ailleurs, si vous avez souscrit un contrat « tous-risques » peut-etre serez-vous engage de devoir avancer la somme des réparations, alors qu'un autre contrat ne vous remboursera qu'une fois les réparations effectuées et sur présentation d'une facture acquittée avec vos deniers... voire ne vous remboursera rien si l'une des clauses du contrat n'est pas respectée... Concernant les vols sur chantier : les concessionnaires, garages et chantiers nautiques sont généralement assurés pour les biens qui leur sont confiés. Vous pourrez donc engager une procédure auprès de la compagnie qui assure le chantier, par l'intermédiaire de votre propre compagnie d'assurance qui se chargera de cette démarche.

Comment minimiser le risque de vol

Nous avions déjà abordé le sujet dans le n° de mars 2012. Voici quelques rappels.
•    Dès que votre bateau est remisé sur un chantier nautique ou chez vous pour l'hiver, démontez ou faites démonter l'embase du moteur. En effet un moteur sans embase n'a plus un grand intérêt commercial, compte tenu du prix de la pièce manquante (coût d'une embase complète ± 5000 €).
•    Verrouillez le montage moteur par un système d'écrou antivol (55 € à 120 €). Bien que l'efficacité ne soit pas garantie à cent pour cent, cela vous mettra toutefois en règle vis-à-vis de l'assurance et, avec un peu de chance, la présence de ce dispositif incitera les voleurs à s'attaquer à un bien moins protégé... car, dans ce genre de délit, le temps est précieux.
•    Il existe des balises de traçage GPS (Type GARMIN GTU 10 *). Géolocalisées, elles se déclenchent en temps réel dès qu'il y a mouvement et se signalent par interface web et/ou sur récepteur mobile dédié. De faibles dimensions, cette balise peut être placée sous le capot moteur ou à l'intérieur du bateau si vous voulez protéger l'ensemble de ce dernier. En cas de vol confirmé, vous pouvez suivre sur votre ordinateur ou smartphone la position de votre bien, puis alerter les autorités en fournissant la position exacte de votre bien. Si votre bateau est à flot (ponton ou corps mort), ce système peut-être programmé pour donner un petit espace de mobilité de sécurité (vents, marée...) ; hors de cette zone il se déclenche.

Il faudrait que la FIN (Fédération des Industries Nautiques) agisse auprès des constructeurs de moteurs pour que soit intégré en série un système antivol électronique (type puce de GSM) dans le boitier d'allumage et le rendre inviolable (cf. les autoradios d'automobiles). Ce système agirait en cas de coupure d'un des câbles d'alimentation pour déclencher une alerte sur web et mobile dédié, tout en assurant un pistage GPS, accessible aux forces de l'ordre.

En conclusion, le système assurant une protection totale contre ie vol, et à un coût le rendant accessible au commun des plaisanciers, n'existe pas vraiment à l'heure actuelle. Il nous reste donc à tenter de rendre la tâche la plus difficile possible aux cambrioleurs.

 * Dans le n° 38, nous aborderons avec plus de détails ce type de traceur, de prix très abordable.

Article paru dans le pêche plaisance N°37 de la FNPPSF

Alain Théret
     président du CD35


Glossaire

ces

Courant équatorial sud.

estran

partie de la terre découverte et recouverte par les marées.

flot

début de la marée montante.

montage

gravière montage constitué d’un bas de ligne d’environ 1 m au bout duquel est attaché un poids, fixé à la ligne principale par un émerillon. À approximativement 35 cm et 70 cm du poids, deux courts bas de ligne terminés par un hameçon sont fixés sur le bas de ligne principal.  

rappel

type d'amorçage qui consiste à lancer une petite boule d'amorce au même endroit et au même rythme tout au long de la partie de pêche.

Date de création : 23/04/2013 - 20:02
Catégorie : - Les mots du président
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